L’apprentissage par le mouvement
Le mouvement éduque le cerveau
Les difficultés d'apprentissage ne sont pas des maladies mais plutôt des réactions aux pressions du système d'enseignement. C'est ce qu'affirme le Dr Paul Dennison, l'initiateur de la kiné-éducation.
Notre système d'éducation semble produire de plus en plus d'hyperactifs, de dyslexiques, des «illettrés fonctionnels», quand ce ne sont pas des «écœurés» pour qui l'école et le processus d'apprentissage auront été une expérience stressante et parfois traumatisante.
Bref, on dit de ces enfants qu'ils ont des «difficultés d'apprentissage», mais on remet peu en question les méthodes traditionnelles d'enseignement qui sont peut-être à la source de leurs problèmes.
Une difficulté d'apprentissage n'est pas une maladie Selon le Dr Paul. Dennison. L'enfant qui éprouve des difficultés d'apprentissage n'est pas malade mais réagirait plutôt aux pressions d'un milieu éducationnel compétitif en «débranchant» son cerveau, tel un système électrique surchargé.
Selon lui, ce qu'on appelle «difficultés d'apprentissage» ne sont en fait que des mauvaises connexions dans le réseau de communication qui unit l'enfant au monde extérieur.
Le Dr Dennison, qui fut lui-même dyslexique alors qu'il était enfant, a mis au point la «kinééducation».
L'intégration des hémisphères cérébraux
S'inspirant de la kinésiologie appliquée, du yoga, de l'acupression, de la programmation neuro-linguistique et de plus de quinze années de recherches appliquées auprès d'enfants souffrant de difficultés d'apprentissage, cette technique permet d'utiliser synchroniquement les deux hémisphères cérébraux.
Un exercice simple à exécuter: le mouvement croisé vertical.
Notre système d'éducation tend à récompenser le développement du cerveau gauche - celui de la logique et de l'analyse - au détriment du cerveau droit - celui de l'intuition et de la créativité - qui n'est favorisé que lors des cours d'art ou de dessin.
Par contre, certaines écoles dites «alternatives» tombent dans l'excès contraire en privilégiant le développement des facultés créatrices au détriment de la logique et du raisonnement.
Pour éviter ces deux écueils, Dennison a mis au point une technique qu'il a appelée le «remodelage de la latéralité» qui permet de diminuer les blocages «homolatéraux» afin de rééquilibrer de façon instantanée l'énergie vitale du corps.
Des exercices faciles à faire
Le «remodelage de la latéralité» s'effectue par des exercices qui mobilisent les deux côtés du corps simultanément. Un exemple d'exercice facile à faire est celui du «crawl croisé vertical»: debout, on lève la jambe droite pour aller rejoindre le bras gauche qui vient taper le haut du genou, puis on fait de même avec le bras droit et la jambe gauche, alternativement.
L'action de croiser en touchant la jambe opposée avec un bras permet aux deux hémisphères de travailler de concert, puisque chacun d'eux contrôle une moitié du corps (principe de la latéralité). On répète le cycle 10 à 20 fois, et ensuite, en testant la réaction de certains muscles, on vérifie si le cerveau fonctionne de façon bilatérale.
Il s'agit, par exemple, pour une personne de lever le bras sur le côté à la hauteur de l'épaule en relâchant le reste du corps. Une autre personne applique alors une faible pression sur ce bras pendant quelques secondes. Si le muscle reste contracté, c'est un signe que les deux hémisphères sont en harmonie. Dans le cas contraire, cette pression suffira à provoquer sa décontraction.
Cette méthode de feedback utilisant le testing des muscles s'inspire des découvertes de la kinésiologie appliquée, d'après lesquelles un muscle ne peut se contracter et effectuer son travail propre que si toutes les connexions ont été établies dans le système nerveux.
Appliquée en classe, cette technique permet à l'éducateur de reconnaître les enfants qui ont besoin d'être rééquilibrés par des exercices qui débloqueront leur énergie vitale tout en «branchant» leur cerveau.
Une gymnastique cérébrale drôlement efficace
Créée en 1981, la kiné-éducation a rapidement fait des adeptes parmi les éducateurs américains en raison de la simplicité d'apprentissage de ses techniques et des résultats immédiats qu'elle offre : amélioration marquée des capacités de lecture, d'écriture et de coordination motrice, sans parler de la mémoire, de l'attention, du sens de l'organisation, etc.
Une gamme d’exercices spécifiques faciles à utiliser en classe dans un contexte de groupe permet aux élèves qui le justifient d’en tirer des bénéfices immédiats par rapport aux activités demandées, comme par exemple garder l’attention, la concentration, calmer l’hyperactivité, favoriser la mémoire, le calcul, l’écriture, la lecture, trouver la méthode d’apprentissage la meilleure par rapport aux caractéristiques de prédominances individuelles (œil, oreille, motricité, et hémisphère dominant).